L’intelligence collective au service du manager 1/5 : le respect
- lauspez
- 10 mai 2017
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Comment le respect permet de trouver de nouvelles solutions durables et créatives ?
J’ai extrait cet exemple représentatif du livre de J. Tournand sur la bienveillance : « Nathan, dirigeant d’entreprise, est soucieux : un gros client épuise son entreprise [...] Il a réuni tous ses salariés, y compris ceux qui n’avaient pas le temps à cause d’une livraison pour le gros client désagréable, il leur a demandé tout en continuant de servir Grosclient du mieux qu’ils peuvent, de bichonner les autres clients, même et surtout les petits et les faciles qui ne posent pas de problème voire proposent des solutions. « ça va être exigeant, mais c’est le meilleur moyen de relever la tête, de redevenir nous-mêmes, de retrouver du plaisir au travail». Nathan s’est fait un devoir de demander souvent des nouvelles des clients agréables et de leurs commandes. [...] Et un jour, un client facile et agréable a recommandé l’entreprise de Nathan [...] L’entreprise de Nathan a obtenu le marché important; et une superbe référence pour en gagner d’autres. Alors quand le gros client désagréable a voulu serrer la vis une nouvelle fois, menaçant comme toujours de retirer sa clientèle s’il n’obtenait pas satisfaction, Nathan ne l’a pas retenu. Interloqué, le client a fait volte-face, insisté pour rester aux conditions de Nathan. » (Tournand, 2014, p. 96)
Ceci démontre comment cette attitude permet de résoudre des situations difficiles, tout en éradiquant des relations basées sur l’emprise de la domination / soumission. Ceci m’a fait penser à la transformation du triangle dramatique de Karman que le fondateur d’Holocracy, Brian Robertson (2013), a décrit ainsi : de persécuteur / sauveur / victime on passe à challenger / entraineur / créateur. Et dans l’exemple au dessus on voit comment Grosclient a été un challenger, qui a permis à Nathan de devenir créateur de nouveaux business.
Ceci rejoint une des stratégies décrites dans le livre « la stratégie du dauphin » : la stratégie « oui et non » : « Quand les nazis ont ordonné à tous les juifs de porter l’étoile jaune de David, le roi Christian X du Danemark a montré sa grande habileté [...] Le roi annonça que les Danois ne feraient aucune distinction entre les citoyens juifs et non juifs; par conséquent il serait le premier à porter l’étoile de David. D’autres Danois se rallièrent en masse à l’idée du roi, et les nazis durent annuler leur ordre. » (Lynch and Kordis, 2006, pp. 104-105)
Watzlawick écrit : « C’est précisément l’illusion incontestée selon laquelle il faut faire un choix entre a et non-a - selon laquelle il n’existe aucune autre façon de sortir du dilemme - qui perpétue le dilemme et nous empêche de voir la solution, qui existe toujours, mais qui contredit le bon sens. » (Watzlawick et al., 1974, pp. 90-91)
Ceci démontre que d’appliquer le respect permet de trouver de nouvelles solutions durables et créatives.
Extrait de mon mémoire universitaire, qui développe les 5 forces de préservation basées sur le modèle HRS de M. Moral et F. Lamy.
sous le terme de respect , on trouve : « protéger chacun et le groupe, être ponctuel et assidu, respecter la confidentialité, délivrer à temps » (Moral and Lamy, 2013, p. 145)
Extrait de la bibliographie
Lynch, D. and Kordis, P.L. (2006) La stratégie du dauphin : Les idées gagnantes du 21e siècle. Montréal: les éditions de l’homme. (Lynch and Kordis, 2006)
Moral, M. and Lamy, F. (2013) Les outils de l’intelligence collective - la favoriser, la comprendre, la stimuler. Paris: InterEditions.(Moral and Lamy, 2013)
Tournand, J. (2014) La stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération. 3rd edn. France: Intereditions.(Tournand, 2014)
Watzlawick, P., Weakland, J.H., Fisch, R. and Weakl, J.H. (1974) Change: Principles of problem formation and problem resolution. New York: Norton, W. W. & Company.(Watzlawick et al., 1974)

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