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L’intelligence collective au service du manager 2/5 : la présence

  • 15 mai 2017
  • 3 min de lecture


Comment la présence amène une responsabilisation de tous et implique de reconnaitre la spécificité de chacun ?

Pour illustrer cela voici l’exemple que développe Laloux à propos de l'entreprise Patagonia : «Exemple très frappant, Patagonia a décidé, à l’été 1994, de remplacer tout le coton issu des cultures conventionnelles par du coton bio avant le printemps 1996 : une décision folle en termes de calendrier et d’implications. Elle triplait le coût de la matière première et réduisait la gamme de 91 à 66 modèles. Le risque était insensé. Malgré cela, Patagonia sentait qu’il n’y avait pas d’autres solutions, une fois qu’elle avait compris toute l’étendue des dégâts provoqués par la culture industrielle du coton : les champs de coton qui ne représentent que 3% des terres arables utilisent 10% des pesticides et 25% des insecticides consommés dans le monde. Mais contre toute attente, le programme de coton bio de Patagonia s’est révélé positif financièrement. Et ce qui est encore plus important, il a convaincu d’autres industriels à l’imiter.

Les sagesses traditionnelles affirment que quand on agit de façon profondément intègre, l’univers entier nous soutient» (Laloux, 2015, p. 245)

Je vais prendre un contre exemple : l’expérience mené par Milgram en 1960 sur la soumission à l’autorité, qui est présentée dans le livre d’Amado et Guittet (2012) : Sous un prétexte d’expérimentation de mémorisation, avec un complice « l’élève », qui va simuler la douleur de prétendues décharges électriques que le volontaire lui afflige. Ce volontaire a la connaissance des risques de ces décharges sur l’élève, voit et entend les effets. Malgré cela, 65% des volontaires infligent des décharges max (450V) en obéissant au « chercheur en blouse blanche ». Dans le cas où personne n’influence les volontaires, ils ne dépassent pas les 75V.

Milgram tire les conclusions suivantes :

  • l’individu peut devenir l’exécutant des volontés d’un autre, il abandonne alors son esprit critique et se soumet à l’autorité. Il se décharge de sa propre responsabilité;

  • (il) arrive même à condamner sa victime pour se justifier de sa punition

  • la procédure de l’expérience conduit ainsi l’individu à respecter « la norme de consistance » : pourquoi refuser d’obéir à ce niveau de choc électrique puisque je viens d’accepter pour un choc à peine plus faible. » (Amado and Guittet, 2012, pp. 98-100)

Je laisserai Laloux faire le lien entre ces deux exemples : « Quand il nous semble dangereux de dire ce que nous croyons, nous faisons taire notre voix intérieure, nous perdons notre intégrité personnelle et nous renonçons à mettre en oeuvre les changements que le monde réclame à grands cris » (Laloux, 2015, p. 246)

Ceci démontre que d’appliquer la présence amène une responsabilisation des acteurs et implique également de reconnaitre que chacun est présent par sa spécificité et rejoint ainsi certains fondamentaux communs de l’ « ADN de base de la membrane » [...]

  • Une organisation en cercle, qui pose l’équivalence d’humanité des personnes [...] Si plusieurs niveaux hiérarchiques sont réunis, chacun parle à partir de son rôle dans le groupe.

  • Le tour de parole, invite chacun à exercer sa responsabilité à en faire usage à son tour.» (Marsan, 2014, p. 133)

Accepter la position d’acteur implique de chacun une communication authentique comme le définit Amado et Guittet avec 3 points : « 1. Etre congruent dans sa relation à autrui, cela signifie être soi-même, être présent sans sa relation, être ouvert [...] L’authenticité représente l’intégration harmonieuse entre différents niveaux de vécu : les sensations, les perceptions, les émotions et la façon dont une personne mentalise son expérience et l’exprime dans son discours [...]

2. Porter une attention positive inconditionnelle à autrui [...] Elle suppose de bien se connaitre, de s’accepter soi-même avec ses émotions et ses valeurs pour ne plus se situer « en réaction » au discours et au comportement d’autrui [...] 3. Etre empathique consiste à percevoir le cadre de référence interne d’une autre personne avec le plus d’exactitude possible, et avec les composantes émotionnelles et les significations qui s’y attachent » (Amado and Guittet, 2012, pp. 105-106)

Extrait de mon mémoire universitaire, qui développe les 5 forces de préservation basées sur le modèle HRS de M. Moral et F. Lamy.

sous le terme de présence , on trouve : « Accepter la position d’acteur, être là, ici et maintenant. » (Moral and Lamy, 2013, p. 145)

Extrait de la bibliographie

Amado, G. and Guittet, A. (2012) Dynamique des communications dans les groupes. 6th edn. Paris: Armand Colin.

Laloux, F. (2015) Reinventing organizations: vers des communautés de travail inspirées. France: Diateino.

Marsan, C. (2014) L’intelligence collective : co-créons en conscience le monde de demain. Paris: Editions Yves Michel.

Moral, M. and Lamy, F. (2013) Les outils de l’intelligence collective - la favoriser, la comprendre, la stimuler. Paris: InterEditions


 
 
 

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